5 avril 2024 16h30 salle F352

Mme Salwa HAMROUNI
Professeure de droit public à l’Université de Carthage
Présidente d’honneur de l’association tunisienne de droit constitutionnel

Discutante
Mme Charlotte GIRARD
Maîtresse de conférences – HDR à l’Université Paris Nanterre

Rares sont les pays arabes et musulmans qui ont autant fait pour les droits des femmes. La Tunisie a eu la chance d’être guidée par un politique qui croit qu’aucune société ne peut se développer avec des femmes enfermées. C’était donc le code du statut personnel daté de 1956 considéré alors comme la véritable constitution des femmes et ce avant même l’avènement de la constitution de la première République. De 1956 à 2011, quelques réformes ont été faites pour plus de droits. La question de l’égalité totale et effective est cependant restée totalement posée. Les événements de 2011 ont redonné de l’espoir au mouvement féministe mais ont été en même temps porteurs de nouvelles menaces de régression. Après une forte mobilisation de la société civile, les femmes tunisiennes ont pu arracher plusieurs droits constitutionnels dont l’égalité dans les droits et devoirs, la parité ou encore l’égalité des chances et la lutte contre la violence.Le contexte politique favorable aux conservateurs n’a cependant pas permis une totale mise en œuvre de ces droits. Les différentes chambres législatives ont résisté à une véritable garantie des droits et libertés constitutionnelles. C’est ainsi que le projet de la commission présidentielles des libertés individuelles et de l’égalité préparé en 2018 a été totalement rejeté car jugé contraire à l’Islam. Plus encore, après le changement politique survenu le 25 juillet 2021, la représentation politique des femmes a chuté après l’abandon du principe de la parité. Ce sont donc ces aspects qui témoignent de la lutte universelle des femmes pour une réelle et parfaite égalité qui seront développés dans le cadre de cette conférence.

Manifestation scientifique soutenue par le CREDOF, le CREA et le CEJEC